"Renverser la tradition" à l'occasion du Mondial Mixte avec Patrick Lafayette


Patrick Lafayette est journaliste sportif pour l'Equipe et l'Equipe Magazine. Certains auront eu le plaisir de l'écouter au cours du dernier Mondial de football lors de l'émission débat "l'Equipe du Soir" sur l'Equipe 21.

Pour ceux qui viendraient à le découvrir, ils auront le plaisir de le lire dans cette interview, pour évoquer un autre "Mondial", débuté aujourd'hui lundi 18 août 2014 : le Mondial Mixte de la Quadrette. Avant de le découvrir pointeur sur les terrains de Vals les Bains, mardi et mercredi prochain (la journée de mercredi sera à suivre en direct sur Sport Boules Diffusion.

Après son édito autour du Mondial Mixte de la Quadrette (à lire dans le programme), le
revoici en mots pour évoquer entre autres choses, le Sport Boules et la féminisation du Sport. Avec en toile de fond cette compétition qui mettra en avant la mixité et la parité autour d'une pratique sportive. Entretien :

Culture Sport Boules : quel regard portez vous sur la discipline Sport Boules ?
Patrick Lafayette : C'est une discipline qui a fait de louables efforts pour se rénover et se renouveler, pour rajeunir sa pratique et son audience. Elle garde cependant une image "régionale" dont il lui est forcément difficile de se défaire. Je pense qu'après avoir effectué tous ces changements pour ne pas sombrer, il lui faut ne pas oublier l'aspect "loisir", amusement, convivialité, tout ce qui a fait son succès pendant des décennies et qui rapproche les boules de leurs fondamentaux.

C.S.B. : Le Mondial Mixte de la quadrette (re)met en avant la mixité, après le succès de l'Open Mixte. Cette pratique du mélange apparaît dans d'autres sports, comme le biathlon. Selon vous, est ce une tendance de fond ou un épiphénomène qui restera cantonné à quelques pratiques sportives ?
P.L. : C'est une tendance de fond dans le sport ainsi que le prouve la volonté d'arriver à parité aux JO, dans les disciplines et le nombre d'athlètes hommes-femmes, du Comité international olympique. 

L'émergence du football et du rugby féminins est un autre phénomène qui traduit cette attractivité nouvelle pour les compétitions dames. Evidemment, dans la plupart des événements sportifs, et sauf ceux (exemple du biathlon) où la confrontation directe est évitée, une mixité complète est encore impossible, du fait des différences physiques (et des écarts de niveau technique) encore importantes - même si, notamment en tennis, elle n'est pas à exclure. En revanche, dans les pratiques à dominante ludique ou d'adresse, comme le jeu traditionnel en matière bouliste, la mixité peut facilement devenir la règle. Ceci doit même être encouragé. 

Quel plus grand plaisir, pour un jeune, que de participer à un concours avec son père, sa mère et son grand-père?! C'est dans ce brassage intégral et sans frein, où personne n'est laissé de côté, relégué au rang de simple spectateur, que se trouve le premier ingrédient de la réussite.  

C.S.B. : La compétition éclairera la pratique du Sport Boules par les femmes, avec la présence du Collectif France Féminin en préparation pour les prochains championnats du Monde à Mâcon en novembre prochain. Le Sport Boules de haut niveau, notamment féminin, peut il séduire le tout public et qu'elle serait la recette pour le faire découvrir ?
P.L. : Séduire le grand public, à un moment où l'offre est considérable et où le sport français (on vient encore de le voir aux Championnats d'Europe d'athlétisme) atteint un niveau d'ensemble inégalé et encore inenvisageable il y a peu, est une tâche extrêmement ardue. Je n'aurai donc pas l'outrecuidance de proposer des recettes à des dirigeants qui se penchent depuis longtemps sur la question. Deux ou trois pistes semblent, en revanche, évidentes, et je veux les rappeler :
- Venir à la rencontre du public -et des pratiquants- en remettant les boules au centre des villes et des villages: quelle erreur ce fut que d'accepter ces "exils" sous de souvent très tristes et impersonnels boulodromes couverts, en banlieue ou dans des zones éloignées des lieux de vie, en livrant au macadam, aux voitures ou à la spéculation immobilière les magnifiques "sablettes" des places, des esplanades ou des clos du coeur de nos cités !
- Simplifier et enjoliver les pratiques, en y mettant de la couleur et des repères visuels faciles.
- Encourager la découverte des personnes "accrochées" et intéressées, en mettant des boules, des terrains et des animateurs à disposition des gens autour des concours et exhibitions proposés.

Des disciplines comme le biathlon ou le canoë-kayak parviennent à des résultats remarquables en ce domaine... 

C.S.B : Avec qui ferez vous équipe pour ces deux jours de compétition ?
P.L. : Avec l'humoriste Dino (de Shirley & Dino) et deux jeunes femmes du Collectif féminin français dont, à l'heure qu'il est, je ne connais pas l'identité. 

Mais ce sera un plaisir de pointer du mieux possible pour faire honneur à ces dames dont on aura grand bonheur à apprécier la qualité du tir. 

Ce renversement de la "tradition" (les hommes tirent, les femmes pointent) est un vrai "plus" de ce Mondial Mixte.  





L'humoriste Dino sur les planches ce jour et sur les terrains mardi et mercredi ! Dans l'esprit du Mondial Mixte de la Quadrette, proposant jeu, mais aussi esprit de fête sur et en dehors des terrains.

C.S.B. : Si vous deviez donner trois mots, un commençant par C, un par S, un par B, pour définir le Mondial mixte de la quadrette ?
P.L. : 
C = convivialité.
S = simplicité.
B = Bernard (Champey, bien sûr!).

C.S.B. : Quelle question auriez vous aimé que je vous pose et quelle réponse y auriez vous apporté ?
P.L. : Comment avez-vous aimé les boules?
Ma réponse : En jouant, gamin, avec mon père et mon grand-père. Participer à quelques parties puis à plusieurs concours ensemble s'inscrit parmi mes plus beaux souvenirs d'enfance et d'adolescence. Cette possibilité de partager un même jeu entre trois (et pourquoi pas quatre?) générations est un atout considérable.




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