mardi 16 octobre 2012

Quand la Chine s'éveilla au Sport Boules


 Bernard Champey avec  Wang Mei et Xiaomin Guo

Dans sa conquête de la première place mondiale, la France trouvera inévitablement la Chine sur sa route. Première opposition hier en combiné entre Valérie Maugiron et Yang Wang et avantage France au terme d'un combiné de légende (voir Valérie Maugiron en interview dans l'émission "Des nouvelles de Manisa d'hier).

Pour nous parler de l'équipe de Chine, qui était mieux placé que Bernard Champey ? Le quadruple
champion du monde revient avec Culture Sport Boules sur le développement de la discipline en Chine et nous présente l'équipe présente à Manisa. Interview :

Culture Sport Boules : Peux-tu nous narrer l'histoire de l'émergence du Sport Boules en Chine ?
Bernard Champey : J’étais parti aux USA en 1985 pour plus d’une année, invité dans les différents états ou les boules se pratiquaient et un matin à Las Vegas, j’ai reçu une lettre du président Giovanni Baggio, qui dirigeait alors la CBI et qui avait l’idée originale de vouloir porter le jeu de boules en Chine. Je l’ai suivi et nous avons expliqué le jeu de boules en commençant par les universités de chaque province chinoise. 

La boule a commencé par la Raffa-Volo, puis au fil des ans, j’ai fait rentrer la FIB et puis enfin la Pétanque. La fédération chinoise à Pékin réunit les quatre boules et correspond totalement à ce que la CMSB tente de développer pour accéder aux  Jeux Olympiques puisque seule la CMSB est reconnue par le CIO. 
La France a beaucoup de retard afin de réunir les différentes boules devant son ministère des sports.

C.S.B : Quel est le secret de la réussite chinoise aujourd'hui chez les filles ?
B.C. : Le secret de la réussite des chinoises depuis trois championnats du monde est le travail foncier des sportives qui évoluent dans les spécialités du Sport Boules alors qu’en France et en Italie, ce sont jusqu’à présent des joueuses de boules qui pratiquaient le sport. 

C.S.B. : Quels sont les points forts et les points faibles de cette équipe présente à Manisa ?
B.C. : Le point fort des chinoises est donc la sportivité et toute l’expérience acquise à la Raffa Volo : elle leur permet de posséder des coups plus efficaces pour les spécialités sportives. Leur point faible se trouve dans le jeu traditionnel : elles ne pratiquent pas du tout, ce qui les rend donc vulnérables stratégiquement. Cependant il faut très bien jouer afin de les pousser à la faute.

Le point fort de la Chine : la pratique sportive (à Saint Vulbas)
C.S.B. : Peux-tu nous apporter un éclairage sur chacune des joueuses présentes ?
B.C. : CHENG XIPING : Je l’ai connu très jeune à l’Université de Pékin. Elle est venue jouer très souvent avec moi dans des provinces chinoises. Une coureuse de 110 mètres haies qui s’est mis à la Raffa Volo et au Sports Boules. 
Elle a beaucoup travaillée pour régler la régularité de sa course et son style. Elle a la capacité de tirer 50 boules vu son aisance à courir. C’est une fille très attachante et la première chose dès son arrivée en Turquie a été de m’écrire « où es-tu ? ». J’en suis très touché. 
Elle réside à NING BO à présent avec CEN WEI FEI, dans la Province du Zhejiang. Je vais la voir chez elle le mois prochain afin de préparer la saison prochaine.

CEN WEI FEI : C’est la joueuse la plus combative que je connaisse. C’est la seule joueuse à être championne du monde à la Raffa et à la Lyonnaise.  Professeur d’éducation physique, elle a le mérite d’avoir commencé tard et d’avoir quand même réussie dans des spécialités différentes. Cependant elle commence à être âgée.  Je suis certain qu’un jour, elle s’occupera des féminines en Chine et qu’elle sera très brillante vu sa classe et son expérience. Elle est très respectée et possède des boulodromes à son nom à NING BO (Province du Zhejiang). Elle évoluera sans doute en simple et au tir de précision. Si CEN WEI FEI avait pratiqué à l’âge de 20 ans elle aurait perforée les performances.

WANG MEI : Nageuse à Xian, elle a opté pour la BOULE dans l’Université de Xian où pendant sept ans, elle a fait ses classes boulistes. Elle est devenue professeur de boule à Wenzhou (Province du Zhejiang) où les premiers championnats du monde féminin en Chine ont eu lieu il y a 8 ans et où elle a décroché deux titres. Depuis, elle n’avait plus participé au championnat du monde féminin. C’est un retour et WANG MEI est une fille très appliquée et très concentrée à la Raffa et à la Lyonnaise. Elle sera forte pour le point si les jeux sont roulants. Elle se dirige vers un rôle d’arbitrage en Chine et aussi à l’international.

XIAOMIN GUO : Très jeune elle est était déjà dotée d’une adresse prodigieuse et elle faisait ses jeunes études dans la province du Shandong. Je l’ai repérée tout de suite avec sa fougue et son adresse hors du commun. Ensuite, elle aussi a atterrie à Wenzhou (Province du Zhejiang) où elle évolue dans l’université de Wenzhou. Je crois qu’elle a toujours eu une très grande réussite dans les championnats du monde, soit en relais ou elle constitue un tandem redoutable avec Cheng XIPING, soit en double où ses tirs sont souvent osés et son instinct très redouté.

C.S.B. : Si tu devais donner trois mots, un commençant par C, un par S, un par B, pour définir le Sport Boules en Chine ?
B.C. : 

C : CONCENTRATION

S : SOUPLESSE 

B : BATTANT


6/ La France a pour objectif de redevenir la première nation mondiale lors de ce championnat. Selon toi, cela est-il possible ?
B.C. : La France a compris ses lacunes et je salue le nouveau travail de fond qu’a  entrepris la DTN en France. Oui la France peut se mettre à niveau des chinoises car en jeu traditionnel, il est incontestable que les françaises  jouent mieux. Cependant, il faut absolument qu’elles soient à la hauteur psychologiquement vis-à-vis d’elles-mêmes.  Leur travail de fond devrait les rétablir. 
Je regrette que les institutions n’aient jamais proposées des rencontres aux chinoises qui sont championnes du monde depuis 7 ou 8 ans. On n’a jamais vu un sport où on ne propose rien aux championnes.  En Chine, le Sport Boules a une courte histoire et si on ne propose rien aux chinoises, la Chine laissera  tomber la discipline. 
Je ressens cette impression fortement ces derniers temps et il me semble que le Sport Boules n’évolue pas.  En Turquie, je vais surveiller les performances car il est bien rare qu’un sport qui évolue n’évolue pas avec ses performances adéquates.
 Attendons donc les performances françaises et chinoises  et j’en tirerai les conclusions.
Je partirai en Chine  pendant 2 mois et je conclurai une rencontre approuvée par les ministères entre la France et la Chine pour les deux années à venir à la Raffa et à la Lyonnaise.

La délégation chinoise à Manisa !

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